MI-83
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Elise VIGIER
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INSTRUMENTUM D’HYGIÈNE ET DE MÉDECINE EN GAULE ROMAINE
Elise VIGIER
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À la fin de l’âge du Fer, l’évolution sociale et économique est accélérée par l’influence croissante des modes de vie et de pensée hellénistiques. Les cultures protohistoriques, en interaction de longue date avec le monde méditerranéen, utilisent des rasoirs, des coupe-ongles et des nécessaires de toilette, emploient parfois des strigiles et, exceptionnellement, des miroirs. Mais la généralisation de ces accessoires, au moment où s’ouvre cette enquête (Iᵉʳ s. av. notre ère), témoigne d’une véritable transformation de la société. Bien au-delà des élites, qui continuent toutefois à donner le la de certaines pratiques, toute la société gallo-romaine utilise des objets spécialisés pour la toilette, l’hygiène, la mise en beauté, la médecine.
L’extraordinaire abondance de la documentation disponible, qu’il a fallu rassembler ici, témoigne de ce succès et donc de l’importance désormais accordée au corps et à sa mise en valeur. Près de 8000 objets issus de 2850 sites archéologiques, entre le Iᵉʳ s. av. et le Vᵉ s. apr. J.-C., ont été répertoriés, décrits, classés et analysés pour comprendre toutes les dimensions de cette nouvelle donne. Le corps existe et il faut donc en prendre soin, il communique et donne à voir autour de soi un statut social, une manière d’être. La variété extrême des accessoires utilisés complique, certes, l’approche synthétique, mais elle témoigne aussi de l’importance des pratiques liées à l’entretien et la préparation du corps, en particulier du corps féminin.
Suivant les modèles définis par la classe patricienne et déclinés par les élites, notamment urbaines, l’intérêt pour le corps amène à développer la cosmétique, mais aussi les soins thérapeutiques. Les médecins pouvaient utiliser de nombreux objets d’usage courant﹘spatules-sondes et cuillèressondes ﹘ ce qui contredit l’idée, longtemps répandue, selon laquelle les specilla étaient réservés aux professionnels. Il n’y a guère que la chirurgie qui crée ses propres outils, sans emploi dans la vie de tous les jours : scalpels, aiguilles à cataracte et autres trépans crâniens sont bien des instruments de spécialistes, et à la différence des précédents, réservés à une fraction de la population. Le livre permet de distinguer avec précision, type par type, l’usage des catégories étudiées.
Au fil de l’ouvrage, on découvre la surprenante abondance de certaines séries dans des provinces comme la Gaule Belgique, où l’influence hellénistico-romaine a pu rencontrer des traditions germaniques ou insulaires, qui peuvent expliquer le succès de certaines séries. La masse documentaire traitée ici se conjugue avec des analyses (typologiques, chronologiques) très poussées pour la plupart d’entre elles. Au même titre que les objets de parure, les instruments liés aux soins du corps en disent beaucoup sur le modèle romain et la manière, très spécifique, dont il a pu être reçu et interprété en Gaule.
Introduction
État de la recherche
Santé et apparence
Connaissances médicales et moyens thérapeutiques
Objectifs de l’ étude
Aspects méthodologiques
Définition du corpus
Les strigiles métalliques
Les miroirs
Les cuillères-sondes
Les spatules-sondes
Les curettes‑sondes, les sondes doubles et les sondes simples
Les tablettes à broyer
Les scalpels
Conclusion
Bibliographie
Sources anciennes
Corpus
Annexes





























