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L'aristocratie, les arts et l'architecture à l'époque romane - Les cahiers de Saint-Michel de Cuxa. XXXVI

cuxa-36

Neuf

cuxa-36. L'aristocratie, les arts et l'architecture à l'époque romane - Les cahiers de Saint-Michel de Cuxa. XXXVI

13 juillet 2005

diffuseur : éditions mergoil

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30,00 €

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Hélène DÉBAX
L’aristocratie méridionale autour de 1100

Teresa VINYOLES – Elena CANTARELL
“Castell és com qui diu casa alta”. La vie de la petite noblesse médiévale en Catalogne

Guy BARRUOL – François GUYONNET – Marie-Pierre ESTIENNE – Francesco FLAVIGNY
Le château médiéval de Simiane en Provence

RÉSUMÉ
Le château de Simiane, situé dans la partie méridionale du département des Alpes-de-Hautes-Provence est en cours de réhabilitation depuis quelques années. Les recherches archéologiques récentes apportent une nouvelle perception des différents bâtiments qui composent ce château. La tour maîtresse, datée de la fin du XIIe siècle ou du début du XIIIe siècle, plus connue sous le nom de rotonde est un monument emblématique et particulièrement original par son architecture et sa décoration. Aujourd’hui, la rotonde de Simiane peut être analysée avec les autres bâtiments composant le château. Celui-ci domine le village et la vallée et se concentre dans un plan ovale, établi dès l’origine (au XIe-XIIe siècle), où la tour maîtresse forme l’élément clef, se dressant au-dessus d’une basse-cour bordée de logis appuyés contre la courtine.


Virginie CZERNIAK
Le décor peint dans l’habitat aristocratique médiéval : exemples méridionaux

RÉSUMÉ
L’habitat aristocratique et patricien du Midi médiéval ne conserve à ce jour aucun exemple de décor peint qui puisse être antérieur à 1200. En dépit de ce constat archéologique négatif, il convient de prendre en considération les facteurs – pérennité de la tradition picturale et sources littéraires contemporaines – qui autorisent à évoquer la présence de peintures murales dans l’architecture civile romane. En parallèle, il est permis de réfléchir à la fonction attribuée à la peinture murale dans les édifices à caractère résidentiel, un usage qui, dans le cas des décors figurés rencontrés à partir du XIIIe siècle, peut se révéler directement significatif du statut social du commanditaire. Sans réelles spécificités, ces ensembles picturaux méridionaux de la première production gothique associent une organisation et une esthétique générale indiscutablement septentrionale à un répertoire ornemental dont seuls quelques motifs peuvent traduire une originalité méridionale.


Aymat CATAFAU
Cuixà et l’aristocratie catalane

RÉSUMÉ
Un grand monastère comme Cuixà entretient avec l’aristocratie des relations complexes en raison de ses fonctions religieuses et de sa situation de riche propriétaire foncier, comme seigneur à côté d’autres seigneurs, en conflit ou en compétition avec les puissants. Les chartes de l’abbaye illustrent de nombreux aspects de l’implication du monastère dans le monde féodal qui l’environne : la difficulté de faire respecter les legs testamentaires par les héritiers des familles aristocratiques, le poids des prélèvements d’origine publique ou militaire sur les terres de l’abbaye, le partage des droits ecclésiastiques relevant d’églises privées ou de dépendances monastiques, l’entrée de nobles dans la vassalité du monastère devenu acteur dans les rapports féodaux, la fabrication de documents falsifiés pour justifier les droits de Cuixà contre les revendications des laïcs. À côté des actes simples que sont les donations ou les testaments, les actes de résolution de conflits présentent l’intérêt de dévoiler des rapports de force sous-jacents, rapports exceptionnellement mis au jour lors de conflits conclus par un déguerpissement qui donne satisfaction aux moines, tout en indemnisant bien souvent la partie adverse. L’image que donnent ces documents est celle d’une implication active des moines dans les relations de pouvoir, condition sine qua non de l’inscription du monastère dans la société de son temps et de la pérennité de son autonomie et de ses fonctions.


Daniel CODINA
La chapelle de la Trinité de Saint Michel de Cuixà. Conception théologique et symbolique d’une architecture singulière

Edwige PRACA
Contribution à l’histoire des biens meubles et immeubles de l’abbaye Saint-Michel de Cuxa (v. 1750 – v. 1950)

RÉSUMÉ
L’objet de cet article est d’abord de poser les cadres institutionnels qui ont présidé à la vente de l’abbaye Saint Michel de Cuxa à la Révolution française. Les procédures de mise en vente de ce patrimoine immobilier constituent de fait une extension des pratiques d’Ancien Régime, précédemment appliquées au patrimoine mobilier. Des inventaires inédits d’argenterie servent d’exemple à cette démonstration. A partir de la dispersion des colonnes du cloître, la seconde partie de l’article retrace la lente substitution de la notion de patrimoine historique à celle de patrimoine privé. Une série d’acteurs et de mises en scène contribuent à cette transition: l’esthétique picturale et architectonique de ses ruines, sa restauration et son orchestration médiatique visent à officialiser ce changement. Avant la 1ère Guerre mondiale, l’abbaye est perçue comme un “bien public”, au double sens de propriété collective connotée d’une valeur morale : ce changement des mentalités contribue dès lors à son sauvetage.


Anne-Laure NAPOLÉONE
Les demeures aristocratiques des villes méridionales à l’époque romane

RÉSUMÉ
À l’origine de la demeure aristocratique, les résidences princières dont bon nombre sont connues dans les régions du sud de la France, mais peu sont étudiées. Ces résidences s’organisent en différents pôles (politique, religieux, privés et économique) répondant aux nécessités de la vie princière. C’est sur ce modèle que vont être édifiées les demeures des membres de l’aristocratie urbaine : chevaliers, ministériaux, seigneurs et autres élites qui émergent dans les villes à partir du milieu du Xlle siècle. Ces édifices se distinguent dans le paysage urbain par l’emplacement, la taille, le soin porté à la construction et autres éléments architecturaux ostentatoires comme la tour, l’apparat militaire ou un décor sculpté particulièrement soigné.


Avinoam SHALEM
La voix du héros.Note sur la fabrication et l’utilisation des cors médiévaux comme instruments de musique

Sophie MAKARIOU
Le jeu d’échecs, une pratique de l’aristocratie entre Islam et chrétienté des IXe-XIIIe siècles

RÉSUMÉ
Le jeu d’échec est une pratique complexe. Transmis depuis l’Inde jusqu’à l’Iran pré-islamique, c’est sur ces terres que l’Islam conquérant en fait l’acquisition dans le cours du VIIe siècle. La pratique des échecs (persan : shatranj, du sanskrit chatur-anga, “ayant quatre rangs”) est intimement liée à l’éducation militaire des princes : elle met en œuvre les capacités stratégiques des joueurs ; elle est, suivant les mots peu aimables de l’Egyptien al-Sakhawi (XVe siècle), “inventée pour les rois et les riches, non pour les pauvres et les minables”. Son vocabulaire le dit assez : le roi, le conseiller, l’éléphant et le valet de pied en sont les figures. Pratique aristocratique par excellence que souligne encore l’intervention d’une main d’œuvre qualifiée pour produire des pièces complexes, dans des matériaux souvent précieux. On ne peut improviser des pions d’échecs à la différence de ceux du tric-trac. La connaissance des échecs est donc, en Orient, un signe de distinction sociale. Mais elle l’est également lors de son arrivée en Occident, par le biais de l’Espagne islamique puis chrétienne. C’est dans la péninsule ibérique qu’ont été retrouvés en plus grand nombre des pions d’échecs islamiques en cristal de roche issus de jeux dépareillés. Au XIIIe siècle les Libros de acedrex, dados e tablas écrits pour Alphonse X de Castille témoignent de l’aura aristocratique du jeu, tout comme d’ailleurs les mentions dans les œuvres littéraires de l’Occident médiéval. À l’aube du XVIIe siècle cependant, Cervantès notera dans le Quichotte “On permet dans les Etats bien ordonnés, qu’il y ait des jeux d’échecs, de paume ou de billard pour l’amusement de ceux qui ne peuvent, ne veulent ou ne doivent travailler”, signe tangible du déclin de l’étoile du jeu.


Julie ENCKELL JULLIARD
Entre patriciat urbain et pouvoir nobiliaire : Maurus d’Amalfi et le destinataire du coffret en ivoire dit de Farfa

RÉSUMÉ
La présente étude revient sur un célèbre coffret en ivoire conservé au musée de l’abbaye de Farfa et s’attache en particulier à la question de son destinataire. L’objet confectionné dans un atelier d’ivoiriers amalfitain ou salernitain est aujourd’hui unanimement perçu comme un présent ayant été adressé à l’abbé de Farfa à l’occasion d’une importante cérémonie survenue en 1060. Il s’agit d’évaluer les différents arguments avancés à l’appui de cette affirmation, en tenant compte de différents paramètres : les spécificités de l’importante épigraphe qui court le long des grands côtés du coffret, ainsi que ses éventuelles correspondances avec le programme iconographique ; la scène de l’Ascension et ses liens avec la production artistique locale de la deuxième partie du XIe siècle ; les éléments qui rattachent le commanditaire de l’objet d’ivoire à l’abbaye du Mont-Cassin. On montrera par l’étude des sources historiques qu’il est difficilement possible de relier l’objet en ivoire à l’abbé de Farfa, tandis que certains éléments de son épigraphe semblent insister sur le contexte politique de la confection du coffret, laissant à penser que le coffret avait été adressé à l’abbé Didier du Mont-Cassin.


Julia BELTRÁN DE HEREDIA BERCERO
Les élites locales et la formation du centre de pouvoir à Barcelone. Un exemple de continuité (IVe-XIIIe siècle)

Dominique WATIN GRANDCHAMP – Laurent MACÉ
Vestiges d’un monde aristocratique : une nécropole familiale dans un garage et une salle d’apparat dans le grenier d’une ancienne abbaye

RÉSUMÉ
L’ancienne abbaye bénédictine Notre-Dame de la Sagne a été fondée à Vielmur (Tarn), aux alentours de l’an mil par la famille vicomtale de Lautrec. Ses premiers bienfaiteurs, membres d’un puissant et riche lignage de la région, font de cet établissement un relais de leur autorité et de leur prestige : jusqu’à la fin du XIVe siècle, les abbesses sont des filles issues de la dynastie princière. L’étude architecturale d’une partie des vestiges, transformés en garage et en grenier, permet de découvrir, au niveau inférieur, une salle aux enfeus et, à l’étage, une salle haute ornée d’une riche frise héraldique. Plus qu’un simple lieu de dévotion, le site de Vielmur apparaît comme un lieu de mémoire dévolu au sentiment lignager. Les quelques éléments relatifs aux éventuelles inhumations réalisées dans les enfeus demeurent, pour l’instant, peu explicites. Toutefois, l’analyse et l’identification des armoiries peintes sur les parois du mur de la salle haute viennent étayer l’hypothèse d’un espace de commémoration lignagère, créé et sanctuarisé avec soin par les abbesses du XIVe siècle, afin d’entretenir le culte des ancêtres mais aussi pour rappeler les prestigieuses unions matrimoniales nouées par l’ensemble de la parentèle.


Montserrat PAGÈS i PARETAS
Noblesse et patronage : El Burgal et Mur. La peinture murale en Catalogne aux XIe et XIIe siècles

Dulce OCÓN ALONSO
“Regnum et sacerdotium” au monastère de Silos

RÉSUMÉ
Cette communication porte sur la seconde phase du cloître de Silos vu sous l’angle du patronat des rois de Castille et la conjoncture historique du royaume au cours de la seconde moitié du XIIe siècle. Sans perte de vue cette perspective, on y analyse les connotations existant entre les deux reliefs de l’angle sud-ouest du cloître et la sculpture française vers 1180, d’une part, et les arts européens à inspiration aristocratique, d’autre part. La monumentalisation finale du cloître, que révèle la tendance des derniers cloîtres de la seconde moitié du XIIe siècle à incorporer des thèmes ressemblant à ceux des portails, permet d’expliquer la mise en scène finale imaginée par les promoteurs pour le sanctuaire où l’on vénérait les reliques du saint national de Castille. On ébauche finalement une explication sur la possible relation de ces sculptures avec le caractère funéraire du cloître et avec Martín de Finojosa qui fut l’un des agents de la politique monumentale du royaume.


Jordi CAMPS I SÒRIA – Immaculada LORÉS I OTZET
Le patronage dans l’art roman catalan

RÉSUMÉ
Après un Xe siècle basé sur des figures isolées et exceptionnelles, le parrainage sur la construction et l’art en Catalogne continue à s’élargir et à se généraliser au fur et à mesure qu’avance l’art roman. Les initiatives comtales et épiscopales s’intègrent dans le réseau de contacts entre les familles et les secteurs du pouvoir, de telle sorte que des figures comme l’abbé et évêque Oliba ou la comtesse de Barcelone Ermessinde seront en relation avec les constructions les plus significatives du XIe siècle. D’autres grands seigneurs féodaux s’inscrivent aussi dans ce panorama, comme les vicomtes d’Osona ou d’Arnau Mir de Tost. Pendant le XIIe siècle, la promotion artistique de l’aristocratie ne sera pas recueillie d’una façon si explicite dans la documentation. Ce travail présente un panorama général sur ces cas et sur d’autres pour devenir un point de départ dans l’étude du patronage dans l’art roman en Catalogne.


Bérangère SOUSTRE DE CONDAT
Pouvoir et mécénat : le rôle des femmes dans le développement des arts religieux en Sicile (XIe – 1ère moitié du XIIIe siècle)

Nathalie LE LUEL
Angoulême, Modène, Bari : l’image de l’aristocratie guerrière à la conquête de l’espace religieux ?

RÉSUMÉ
Les cathédrales Saint-Pierre d’Angoulême et San Geminiano de Modène, et la basilique San Nicola de Bari sont toutes les trois décorées en façade d’une grande scène épique sur laquelle prend place l’aristocratie guerrière. Historiens, historiens de l’art ou littéraires ont souvent tenté d’établir un lien entre ces trois exemples de sculpture monumentale et la littérature chevaleresque médiévale, puis plus directement avec l’histoire des XIe-XIIe siècles (particulièrement avec les guerres menées au nom de Dieu). Cependant le présent article s’interroge moins sur l’identification précise de chacun des motifs que sur la question du sens général de ces représentations héroïques placées dans un contexte religieux et disposées volontairement à l’extérieur du sanctuaire. Ainsi il apparaît que les images étudiées sont avant tout les paragraphes visuels d’un discours politique prôné par l’Église, discours dans lequel elle cherche à afficher les rapports qu’elle entretient avec l’aristocratie guerrière et sa volonté de modeler l’idéologie chevaleresque.

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